Marthe s'avança, portant haut la lampe...

—C'est toi, Jean-Paul? Monsieur mon cousin, vos visites se font rares...

Elle lui prit la main, et ils entrèrent dans l'étroite chambre que Jean-Paul connaissait bien.

Le lit de cuivre occupait un angle, sous une housse de vieux camaïeu. Il y avait au mur le crucifix et de petites statues soigneusement peinturlurées: saint Joseph, chauve, avec un toupet de cheveux marron, la Vierge, le Sacré-Cœur bien peigné, en tunique nougat rose. Sur les planches d'une étagère, étaient rangées les reliures bleu tendre et rouge sombre des Imitations, des Manuels du chrétien, des Paillettes d'or et autres éditions pieuses dont la première feuille porte cette inscription: En souvenir d'un beau jour; sur la cheminée, des petits enfants nus, des jeunes filles souriaient, comme on sourit au photographe.

—Le jeu de massacre est encore là? dit Jean-Paul en montrant les statues de la petite chapelle, qui toujours l'avaient exaspéré.

—Mais, Jean-Paul, ce sont des souvenirs...

—Ils ridiculisent la religion. Rappelle-toi ce que dit Huysmans...

—Je ne sais pas... Je n'ai pas lu...

—Tu n'as rien lu! murmura Jean-Paul, dédaigneux...

—Et toi, tu as trop lu...