Note 127:[ (retour) ] Les Peuhl.

Note 128:[ (retour) ] Der treue Johannes; Der eiserne Heinrich.

Certains captifs ont cependant une très forte affection pour leurs maîtres puisqu'ils mettent le souci de l'honneur de ceux-ci au-dessus du désir de leur plaire. Sévi Malallaya (conte de S.-G. Diêgui) et Albarka Babata (conte des Sorkos, Desplagnes, op. cit.) reprochent à leur maîtres leur inaction. Voir aussi le conte du làri reconnaissant, fidèle à son maître dans le malheur, conformément au proverbe bambara que l'on doit boire de l'infusion amère de cailcédrat avec celui qui vous a fait boire jadis de son eau miellée.

Reconnaissance.—Les noirs apprécient la beauté morale de la reconnaissance, mais ne croient pas outre mesure à la fréquence de sa mise en pratique. Ils représentent volontiers l'homme comme l'ingrat par excellence (V. Ingratitude,—Les obligés ingrats de NGouala—Mâdiou le charitable [129]).

Note 129:[ (retour) ] Voir aussi Mgr Bazin, Le caïman. Arcin, L'homme, le lapin et le caïman. La phrase adressée à l'homme: «Si vous n'étiez pas si ingrats, je ferais ceci pour toi» revient constamment dans les contes. V. La femme enceinte.

Molo et S.-G. Diêgui témoignent une médiocre reconnaissance aux animaux qui leur ont donné leurs talismans. L'un et l'autre tuent leur bienfaiteur. Il est vrai qu'ils n'agissent ainsi que pour empêcher que pareil don soit fait à quelque autre homme. C'est une explication, mais pas une excuse. De même encore les frères de Hammadi Bitâra (conte de Fatouma Siguinné) essaient de faire périr le frère qui les a sauvés.

Il y a d'ailleurs des contes où des animaux, et même des hommes, se montrent reconnaissants envers qui les a obligés (V. Ingratitude—Le lâri reconnaissant[130]—La protection des djihon, etc.).

Note 130:[ (retour) ] Voir aussi Contes des Gow: l'éléphante de Sanou Mandigné.

Magnanimité.—Les noirs comprennent la magnanimité et admirent l'effort auquel elle oblige celui qui pardonne une offense. S'il y a, dans leurs contes, des récits dont un ressentiment, souvent féroce[131], fait le fond, il s'en trouve beaucoup aussi où l'offensé oublie son ressentiment, telle l'orpheline pardonnant à sa marâtre (La marâtre punie), le pauvre pardonnant au fils de roi (D'où vient le soleil). V. encore: Une leçon du bonté,—Les deux Ntyi—Bassirou et Ismaïla. Chez les fétichistes surtout on constate une certaine facilité à oublier les injures, tandis que le pieux NDar, envoyé d'Allah, ne pardonne pas à sa mère et que S.-G. Diêgui, croyant, n'oublie qu'à demi les mauvais procédés de Konkobo Moussa à son endroit, non plus que ceux du tounka envers sa mère.

Note 131:[ (retour) ] Voir: Celui qui avait reçu le sommeil en partage.(B.-F.).