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SERVICE DE NUIT

(Ouolof).

En 1884, à Saint-Louis j'ai vu quelque chose d'extraordinaire.

C'est en remplissant une mission dont m'avait chargé mon officier: M. Baffart-Coquard, sur mon retour de N'Diago[158] entre une heure et deux heures du matin. J'avais été envoyé pour faire revenir l'aide de camp du colonel, commandant supérieur des troupes de Saint-Louis. La cause de cette convocation c'est que l'aide de camp en question: M. le lieutenant Fametal rendait impossible le bal qui avait lieu à N'Diago ce soir là. Il était plus joli que tous les autres officiers qui dansaient là-bas.

Note 158:[ (retour) ] Village à 17 kilomètres N. de Saint-Louis.

Aussi ses camarades avaient-ils arrangé un bon tour pour l'obliger à rentrer à Saint-Louis.

J'avais accompagné mon lieutenant à N'Diago. Jusqu'à une heure du matin j'étais resté couché avec les soldats d'infanterie. A ce moment, mon lieutenant est venu me réveiller. Il m'a dit: «Ahmadou, il ne faut pas avoir peur. Un spahi n'a jamais peur! Il y a un camarade à nous, un officier qui gâte tout le bal. Personne ne sait comment l'en empêcher. Aussi je te charge d'une mission—et le capitaine que tu vois t'en charge aussi. (Ce capitaine était de l'infanterie). Si tu fais ce qu'il faut, nous te donnerons 20 francs de bounia[159]».

Note 159:[ (retour) ] Pourboire.