—Et moi je lui réponds: «Mon lieutenant, il y a dans le bal un commandant à quatre galons! Il y a un lieutenant-colonel et vous voulez me faire mentir devant mes supérieurs! Le colonel, commandant supérieur des troupes va me f..... dedans!
«—Ce n'est pas la peine de t'effrayer, Ahmadou, je me rends responsable de ce qui arrivera.
Alors je dis: «C'est bon!».
«—Va t-en seller ton cheval et vivement! Dès que ce sera fait, monte dessus aussitôt. Et puis arrive au triple galop et entre dans la salle en parlant fort devant tous les officiers qui sont là. Dis hardiment: «Lieutenant Fametal, répondez! Le commandant supérieur des troupes de Saint-Louis vous ordonne de rentrer immédiatement car vous êtes venu au bal sans permission.»
—Je monte à cheval. Je trotte d'abord comme si j'étais en colère puis, lorsque je suis tout près, je charge!
La moitié de ceux qui étaient au bal se sauvent. On se demande: «Qu'est-ce que cela veut dire?» Moi je réponds: «C'est moi, spahi! J'arrive directement de Saint-Louis. Je viens avec mission du colonel, commandant supérieur des troupes, appeler son secrétaire Monsieur le lieutenant Fametal! Il est venu au bal sans permission. Et le colonel, commandant supérieur des troupes m'a chargé de lui dire de me suivre et de revenir en même temps que moi à Saint-Louis». (Ce n'était pas vrai. Je l'ai dit, mais je mentais).
Je dis au lieutenant: «Mon lieutenant, je ne puis vous attendre car on m'a donné l'ordre de me dépêcher.»
Je m'en retourne. J'arrive à Saint-Louis à deux heures du matin. Les coqs commençaient à chanter. Je passe devant la maison de Michas... et tout à coup je vois quelque chose qui, partant du sol, montait si haut que mes yeux n'en pouvaient voir la fin.
C'était tout blanc!
Mon cheval s'est cabré par trois fois! Il ne voulait pas suivre la rue où nous étions. Je lui donne une forte claque pour le forcer à passer. Il refuse de m'obéir!