Alors la religion ne pourrait procurer aucun avantage politique.
Alors le clergé n'aurait pas besoin de la surcharger d'une foule de rites, de cérémonies propres à étouffer la raison.
Et chacun sentirait reverdir au fond de son cœur cette racine de foi qui ne se dessèche jamais entièrement.
Et les formes religieuses n'ayant plus rien de dégradant, le prêtre n'aurait plus à lutter contre le respect humain.
Et la fusion de toutes les sectes chrétiennes en une communion ne rencontrerait plus d'obstacles.
Et l'histoire de l'humanité ne présenterait pas une plus belle révolution.
Mais le sacerdoce serait l'instrument de la religion, la religion ne serait pas l'instrument du sacerdoce.
Tout est là.
Un des plus grands besoins de l'homme, c'est celui de la morale. Comme père, comme époux, comme maître, comme citoyen, l'homme sent qu'il n'a aucune garantie, si la morale n'est un frein pour ses semblables.
Ce besoin généralement senti, il se trouve toujours des gens disposés à le satisfaire.