Soudain, Solange la tira par le bras.

— Dites, Clémence, supplia-t-elle d’une voix pleine d’ardeur, si je suis sage vous m’emmènerez encore chez votre sœur ? C’était si amusant ! J’étais l’otage. Tout le monde se battait pour m’avoir…

UN PARENT

Sept ou huit dames, importantes personnalités de la petite ville, se trouvaient dans le salon de Mme Delaporte, lorsque parut Mme Dupré, suivie de ses deux filles, jeunes personnes fraîches de dix-huit et vingt ans. Mme Dupré qui se souvenait du temps, peu lointain encore, où elle n’entrait dans ce salon qu’avec humilité, goûta le plaisir vaniteux, non encore émoussé, d’être accueillie avec considération et de voir l’imposante Mme Delaporte elle-même, dont l’influence mondaine était prépondérante, s’empresser à sa rencontre. Cette dame, à l’inverse de ses habitudes, était animée.

— Eh bien ! s’écria-t-elle, il est ici ! Il est arrivé ce matin !… Et vous ne nous avez pas prévenues !…

Mme Dupré parut ahurie.

— Prévenues de quoi ? Qui est arrivé ?

— Votre cousin ! le lieutenant Maximilien Dupré ! l’aviateur fameux !… Il vient pour soigner sa blessure à la station thermale voisine… Comme si vous ne le saviez pas, cachottière !… L’avez-vous déjà vu ?…

— Mais non, je vous assure… protesta Mme Dupré qui semblait troublée et qu’entouraient toutes les dames parlant à la fois.

Mme Delaporte intervint.