Il ne parut pas le lendemain, non plus que le jour suivant. Irma, pleine d’angoisse, observait sans cesse les hautes fenêtres impénétrables.
Le troisième jour elle dut aller reporter de l’ouvrage. Quand elle revint, à la fin de l’après-midi, elle resta suffoquée. Les maçons, en son absence, avaient repris leur besogne et cela avec tant de diligence qu’un pan de mur neuf obstruait la brèche, séparant Irma de la belle maison, dont elle ignorait l’adresse, et de l’enfant aux longs cheveux, dont elle ne saurait plus jamais rien. Et elle resta à pleurer en regardant les ouvriers poser les dernières pierres.
QUELQUES MÉNAGES
LE PROBLÈME
I
Les Joudas — le père, fonctionnaire plaintif, mal résigné, à cinquante-cinq ans, à n’avoir pas d’avenir, la mère, dame despotique, jamais en repos, et les deux files, qui auraient voulu être mariées — habitaient, au bout de la ville, une piètre petite maison dénuée de confort. Ils achevaient de déjeuner quand le facteur sonna. La servante étant à la cave, M. Joudas alla lui-même à la porte.
Deux minutes après, il revint dans la salle à manger ; la stupeur était peinte sur son visage ; il avait une lettre à la main.
— C’est d’Alfred, bégaya M. Joudas. Il est rentré en France. Il m’écrit de Paris. Il va venir ici…
Mme Joudas avait tressailli et s’était dressée pendant que ses deux filles levaient la tête, très intéressées elles aussi.
— Hein ? Alfred ? ton frère ?… Comment cela ?… T’expliqueras-tu, Octave ?…