— Avec la tante Blaise aussi… répéta M. Aubil. — Mais alors il ne reste que l’oncle Armand ?…
— Oui, il ne reste que l’oncle Armand… Pourquoi hausses-tu les épaules d’un air malheureux ? Pourquoi fouilles-tu dans ta poche ?…
— Pour prendre des notes, dit M. Aubil, résigné. Je m’y perds… Notre famille est très nombreuse et tes rapports avec ses divers membres sont un peu variables.
— Ce n’est pas de ma faute si j’ai le sentiment de de la famille très développé, interrompit Mme Aubil frémissante. Je ressens très vivement ce qu’on me fait… Certes, si c’étaient des indifférents je ne m’en inquiéterais guère…
— Sans doute, sans doute, dit M. Aubil, qui consultait son carnet.
Il reprit :
« Ma petite Mathilde, au moment où la guerre a commencé tu t’es réconciliée avec tous ceux de nos parents qui étaient mal avec toi. Quelque temps après, exactement au mois de janvier 1915, tu m’as écrit de ne plus envoyer de cartes postales à ta belle-sœur Madeleine parce que tu ne la voyais plus…
— Je m’en souviens très bien, elle avait dit, dans son salon, que je passais mes journées dans les magasins ou dans des thés, au lieu de tricoter, ce qui était un mensonge.
— Peu après, poursuivit M. Aubil, première brouille avec la tante Blaise…
— Elle avait dit, selon ce qu’on m’avait raconté, que tu occupais un poste où tu n’étais pas exposé…