Elle étendit son petit doigt et ajouta :

« Notre maison, c’est le toit brun.

— Ah ! Eh bien, elle me paraît très jolie, ta maison, dit le soldat d’un ton gai… Alors voyons, raconte : tu habites là avec ta maman probablement ?…

— Oui, et puis avec grand’mère à qui elle est, la maison. Et puis il y a Berthe ; je suis sa sœur, pas, elle est plus grande que moi et aujourd’hui elle est à l’école.

— Et ta maman, elle va bien ? Qu’est-ce qu’elle fait ? Comment s’appelle-t-elle ?

— Elle va bien ces temps-ci, mais elle a été malade maman, elle avait travaillé trop, qu’on a dit. Elle travaille à l’usine qu’est de l’autre côté… C’est Mme Valin, maman.

Et soudain, faisant pour se dégager des mains qui tenaient doucement ses poignets fragiles un mouvement de tout son petit corps souple :

« J’en ai assez, dites, Monsieur, est-ce que je peux m’en aller ?

— Tout à l’heure. Reste un peu avec moi. Est-ce que je t’ennuie ? Dis-moi : Ton père, qu’est-ce qu’il fait ?

L’enfant prit un air grave :