« Dites donc, ça ne s’attrape pas ce que vous avez ?… Oui, votre maladie… C’est à cause des enfants, vous comprenez…
— Je ne suis pas malade, balbutia Paponel.
— Vous dites ça… mais puisque vous êtes couché… Et puis, il n’y a qu’à voir votre mine…
Elle secoua la tête d’un air de pitié, et sans transition :
« Vous me reconnaissez, au moins ? »
Paponel ne répondit pas. A l’esprit, de confus souvenirs lui revenaient, en effet, d’une famille éloignée qu’il avait, dans l’Est, d’où il était. Mais il était ahuri et irrité. Que lui voulait cette intrusion ?
« Berthe, voyons, continua-t-elle, vous savez bien : celle qui a épousé François… Moi, je vous reconnais, allez, malgré qu’on ne s’est pas vu depuis… dame, pas loin de vingt ans, quand vous êtes venu chez nous, à la mort du grand-père… J’étais encore presque gamine. Quatre ans après j’ai épousé François… Il est là-bas depuis le commencement, dans les artilleurs… »
Une voix aiguë l’interrompit.
— Ma tante, pourquoi donc que tu disais qu’il était riche, le cousin de Paris ?
C’était un des enfants. Tous du reste semblaient déconcertés par l’aspect de la mansarde et du vieux cousin dans son grabat.