— Veuillez venir, j’ai un mot à vous dire, souffla le docteur Imberger au médium, quand celui-ci se redressa.

L’autre, aussitôt, l’accompagna au bout du salon, où était Merray.

— Monsieur, dit durement Imberger, vous allez sortir d’ici ce soir, pour n’y plus revenir. Sans quoi je vous dénonce, non seulement à mon ami M. de Belleuse, mais encore à la police.

Aucune impression ne fut visible sur la face pâle et fermée de l’homme.

— Vous dénoncez quoi ? dit-il d’une voix calme.

— Je vous dénonce, vous et vos trucs misérables : cette gaze phosphorescente que j’ai touchée et à l’aide de quoi vous vous jouez odieusement de la douleur de notre ami, afin de lui soustraire des sommes importantes…

— Pourquoi ne m’avez-vous pas démasqué au moment même ? dit l’homme. C’est pour cela que vous êtes venu… Mais vous n’avez pas osé lui arracher le fils qu’il a perdu et que je lui fais revoir… Il me paye ? Et puis ? Il est riche et je suis pauvre. Mais, maintenant que je sais ce qu’était sa douleur avant de me connaître, je continuerai, même pour rien…

— Mais vous le trompez ! Ce sont des fraudes abominables ! protesta Merray.

— Je ne le trompe pas ! (La voix de l’homme, toujours sourde, s’animait un peu.) Ce que je lui donne, — ce que je lui vends, si vous voulez, — ce n’est pas une fraude, c’est une réalité.

— Comment cela ? demanda Merray, ahuri. Qu’est-ce que c’est ?