— Non. Je n’ai pas voulu le déranger. On va lui dire maintenant. Du reste, il a assez travaillé, voilà la nuit qui tombe.
Ils se dirigèrent vers le fond de la salle et montèrent quelques marches. La mère ouvrit une porte et entra, suivie du père.
A une table, devant une fenêtre ouverte, un garçon en veste de flanelle était assis, la tête entre ses poings et un livre sous les yeux.
— Tu travailles encore, mon Jean ? dit Mme Goulard.
Il se dressa. C’était un fort garçon qui semblait au moins dix-sept ans. Une barbe naissante frisottait sur ses joues, et ses cheveux drus coiffaient comme d’une calotte blonde sa tête ronde. Debout, il chancela comme étourdi et ouvrit sur ses parents de gros yeux troubles.
— Oui, je travaille… balbutia-t-il.
— Eh bien ! il y en a assez pour aujourd’hui et pour ces jours-ci, mon gars, dit le père Goulard. Donne-toi un peu de répit, tu l’as bien gagné… Et comme, la semaine prochaine, tu vas retourner à Paris…
— Oui, le cousin Armand a écrit, intervint la mère.
Jean tressaillit ; ses joues rouges devinrent pâles. Et soudain, d’une voix rauque :
— Je ne veux pas !