— Non, des Jésuites, murmura Bayados agonisant porté par des nègres.

— Ça ne fait rien, dit le Rempart… Y a un compte à régler. J’suis défiguré, moi, faut que ça se paie.

Pingouin demeurait sombre.

Nous atteignîmes la chaloupe. Bientôt, nous fûmes à l’Argonaute. Là, un spectacle inattendu nous était préparé, car le pilote Bouture était étendu, garrotté sur un banc. Le vieux Cristallin le surveillait, tout en jouant aux cartes avec Zoé Nèfle. Le chauffeur nous apprit que, peu après notre départ, le pilote lui avait ordonné de se préparer à mener le bateau ailleurs, prétendant que c’était l’ordre du capitaine. Sur le refus du chauffeur, il avait insisté et avait tenté finalement de le corrompre avec des offres d’argent. Alors, Cristallin, aidé par Zoé Nèfle, l’avait terrassé et attaché.

Quand le traître nous revit, sur sa face il y eut de la rage et de l’épouvante mais il demeura calme.

Le jour tombait. Nous étions tous sur le pont, sauf le vieux Bayados qui se mourait dans la cabine. Il n’y avait pas de vent, la mer était tranquille et son râle montait jusqu’à nous.

Julius Pingouin fit délier le pilote.

— Pilote Bouture, dit-il, tu as trahi.

— J’ai trahi, dit Bouture, tue-moi.

— Oui, dit Pingouin, il y a des morts. Tu dois mourir.