Celui-ci monta à notre bord avec ses soldats. Il était grognon et goguenard.

— Eh bien ! eh bien ! dit-il, à notre capitaine, c’est comme ça qu’on s’en va ? Et les droits de sortie, est-ce qu’on les oublie ?

— Monsieur l’officier des douanes, dit Julius Pingouin, je n’ai pas de marchandises ; nous allons nous promener sur la mer et je n’ai rien à payer.

— Nous allons voir ça, dit l’officier. Où sont vos papiers, d’abord ? Et puis, on ne se promène pas à cette heure-là. C’est louche.

Coco, le nègre, voyant que l’affaire se gâtait, tenta une diversion ; elle fut malheureuse.

— Moi, bon nèg’e, dit-il, toi pas vouloi’e nougat ? Ça bon bagage, massa ! et il présentait son plateau.

— Est-ce que tu te fous de moi ? espèce de sale macaque, hurla l’officier furieux, en envoyant un coup de poing dans le plateau. Attends un peu ! Je vais commencer par te faire fouiller…

— Moi, bon nèg’e, dit Coco, moi tout nu, toi pas foufouille.

Il fit deux pas en arrière pour prendre du champ, puis, bondit. Sa tête atteignit l’officier au creux de la poitrine et le lança par-dessus bord.

— Fifre, jouez ! commanda Pingouin. En avant, vous autres !