Pingouin consulte sa carte.

— Ça, ça doit être une île déserte. On peut descendre un moment, ça reposera.

C’est, en effet, une vaste île qui paraît verdoyante et belle.

Nous débarquons avec la chaloupe. Nous sommes huit bien armés. Savoir :

Julius Pingouin, le docteur, moi le Homard, le Rempart, le pompier Zafolin, le pilote Bouture, Ezéchiel Binaire, le nègre Coco. Le navire étant laissé à la garde du brave Bayados et des autres.


Même date. Le soir. — D’abord, l’île n’est pas déserte. Il y a, dedans, une soixantaine d’individus, hommes et femmes.

Quand nous sommes arrivés, ils étaient dans un grand champ, en train d’arracher des pommes de terre. Ils travaillaient assis par terre, sans se parler, tout en se surveillant les uns les autres — une pomme de terre arrachée — un coup d’œil au voisin pour être sûr qu’il a aussi tiré la sienne — une pomme de terre — un coup d’œil. Ils allaient comme ça.

Tout à coup, sur un affreux mugissement de cor de chasse, qui partit d’une espèce de bâtisse qu’on voyait au loin, ils s’arrêtèrent tous et se reposèrent.

Après quelques minutes, nouveau mugissement. Ils reprirent leur travail — une pomme de terre — un coup d’œil au voisin — une pomme de terre — un coup d’œil, et ainsi de suite…