Il se croyait roi des gens de l’île. Il se débattait en criant :

— Bon massa, bon massa, moi préfère aller guillotine. Moi bon nèg’e ! pas vouloir bagage là.

On l’a calmé, non sans peine, avec de l’eau sucrée à la fleur d’oranger dont il a bu un litre. Ce matin, il est encore tout triste.


5 décembre. — Rien.


6 décembre. — Scène violente aujourd’hui. Il paraîtrait que le sieur Flaum s’est attiré l’inimitié du chauffeur Cristallin. Celui-ci, vers midi, jaillissant de la chambre de chauffe, se précipita dans la cuisine. Il s’arma d’un couteau, en jeta un autre aux pieds du gros Suisse et lui cria :

— Misérable ! j’ai assez souffert ! L’heure de l’action est venue. Défends ta vie et disputons-nous, en braves, l’amour de Zoé Nèfle.

Cet homme, jusque-là rangé, aurait conçu, durant les heures de son labeur ardent, une furieuse passion pour la brave marchande des quatre saisons. Celle-ci, n’ayant pas répondu à sa flamme, il avait cru trouver les raisons de cette insensibilité dans son amour pour le cuisinier. Ce dernier était épouvanté.

— Monsié, monsié, criait-il, en trottant de ci de là, autant que le lui permettait sa corpulence, et poursuivi par le chauffeur ivre de rage. Vous êdes vou ! J’ai bas ti dout fait la gour, à badame Dèfle. J’ai des bœurs bures !…