Roynel avait marché si vite depuis le Métro qu’il arriva haletant au petit pavillon qu’il habitait à Plaisance. Il se précipita dans son atelier et appela sa femme :
— Louise ! Louise ! Où es-tu ?
— Ici, dans la salle à manger ! Avec Édouard ! Me voilà ! Mon Dieu, qu’y a-t-il ?
— N’aie pas peur ! C’est une bonne nouvelle !
— Une bonne nouvelle ? C’est vrai ?
Une porte s’était ouverte. Une jeune femme d’une trentaine d’années, blonde, mince dans une robe sombre un peu usée, s’était élancée vers Roynel. Un petit garçon de huit ou neuf ans, au visage délicat, aux yeux sérieux, la suivait.
— Oui, une très bonne nouvelle, répéta Roynel. Attends… J’ai couru… J’avais hâte de te dire…
Il jeta son feutre sur la table, épongea son front dégarni aux tempes et, désignant, au fond de l’atelier, un grand tableau :
— On va m’acheter ça !…
— Ta Fête de nuit ?