— Qui ne risque rien n’a rien. Faut profiter des occasions. Je ne serai pas toujours là pour te conseiller, et tu es sans malice… Les gens riches, ça donne n’importe quoi pour éviter le scandale… C’est pas toi qui a été la chercher sur son mur… Et puis, quoi ! tu es bien assez beau garçon pour valoir n’importe qui…

Il promit de faire de son mieux.

Le lendemain, lorsque parut, en haut du mur, la figure de la petite inconnue, il leva vers elle un visage si désolé qu’elle lui demanda aussitôt ce qu’il avait.

— Je ne vous verrai plus, murmura-t-il de sa voix tendre. Nous allons partir… loin… On nous attend… des nomades comme nous.

Elle fit un mouvement et devint si pâle sous ses cheveux ardents qu’il put voir combien elle était bouleversée. Il continua :

— Nous, c’est notre vie de nous en aller… Mais qu’est-ce que je vais devenir si je ne vous vois plus ?…

— Quand partez-vous ? souffla-t-elle.

— Ce soir. Je vais rejoindre la mère qui est au village… Je suis resté pour vous dire… pour vous dire…

Il baissa la tête et, tout rouge, osa :

— Je vous aime.