Il arriva une après-midi, vers cinq heures. A l’entrée de Lazoches, au carrefour de deux routes, était un cabaret.
Antoine Grenu, lut-il sur l’enseigne.
« C’est ça. Le père May m’en a parlé. Je vas entrer. C’est maintenant qu’il faut qu’on me reconnaisse. Attention ! »
Il poussa la porte à claire-voie. Dans la salle quelques vieux paysans étaient attablés. Le patron, gros homme d’une cinquantaine d’années, vint servir le nouveau venu qu’il fit payer d’avance, en vertu de son aspect indigent.
Le père Mathieu vida son verre, hésita un moment, toussa et prit la parole.
— Dites donc, monsieur Grenu ?…
— Qu’est-ce qu’y a ? dit Le patron, rogue.
— C’est pour un petit renseignement. Est-ce que vous ne vous rappelez pas… de quelqu’un qui venait ici autrefois ?… Oui, un ancien du pays… Voyons, cherchez bien… Y a vingt-cinq ans et plus… Un ami à vous… Qui s’appelait… Durieu… Jules Durieu…
Le patron le regarda fixement.
— Pourquoi que vous me demandez ça ?