— Et que tu nous as fait à tous des canailleries et des saletés ! Et maintenant, tu as le toupet de revenir, le bec enfariné !…
— Tu vas voir, on n’a plus peur de toi, maintenant !
Tous, dressés, le menaçaient.
— Non, je le jure, je ne m’appelle pas Durieu ! cria le père Mathieu en reculant derrière sa table.
— Menteur ! Montre tes papiers ! Montre-les, pour voir ! On t’a reconnu, on te dit ! On t’a assez vu dans le temps, quand t’étais la terreur du pays !
— Tiens, le v’là, le père Fargue, je l’ai envoyé prévenir, que t’étais de retour ! ricana le cabaretier.
A travers les vitres, le père Mathieu vit, sur la route, un énorme paysan à cheveux blancs qui accourait en brandissant une trique. Il ouvrit derrière lui la fenêtre qui était basse et sauta dehors.
— Tout de même, se répétait-il en fuyant, ce qu’il était canaille, ce père May ! Qui aurait cru ça ?…
COMMENT ILS ATTEIGNAIENT LA VILLE…
La route, déserte, débouchant d’entre les collines, s’en allait vers la ville qui était là-bas, au bout de la plaine, triste sous le crépuscule.