Et au lieu de dragées, quand je sortais ensuite, craintif, de ma
tanière, vlan! j'avais ma fessée.

J'aimais bien mieux aller avec le Papoty, notre maître-valet, quand,
derrière la charrue tirée par ses deux mules, les mains au mancheron,
il me criait, patelin:

-- Petiot, viens vite, viens. Je t'apprendrai à labourer.

Et tout de suite, nu-pieds, nu-tête, émoustillé, me voilà dans le
sillon, trottinant, farfouillant, le long de la tranchée, pour
cueillir les primevères ou les muscaris bleus, que le soc arrachait.

-- Ramasse des colimaçons, me disais le Papoty.

Et quand j'avais les colimaçons, une poignée dans chaque main:

-- Maintenant, me faisait-il, avec les colimaçons, tiens, empoigne
les cornes du manche de la charrue.

Et comme, moi crédule, avec mes petits doigts, je prenais les
mancherons, lui, pressant de ses doigts rudes mes deux mains pleines
d'escargots qui s'écrabouillaient dans ma chair:

-- A présent, me disait le valet de labour en riant aux éclats, tu
pourras dire, petit, que tu as tenu la charrue!

On m'en faisait, ma foi, de toutes les couleurs. C'est ainsi que,
dans les fermes, on déniaise les enfants. Quelquefois, en venant de
traire, notre berger Rouquet me criait: