«Arrête, lui criai-je; veux-tu m’indiquer l’endroit où ton trésor est caché?»

«Oui, tu dois l’avoir; qu’il puisse t’être utile!»

«Non, je ne veux et je ne peux pas le posséder. Pour te délivrer de tes persécuteurs, je me suis engagé à communiquer, le cas échéant, à Mohammed Khalid, ton ennemi, l’endroit où est caché ton or. Tu as assez souffert pour que ce trésor ne tombe pas entre les mains de ceux que tu haïs; continue à garder le silence; emporte ton secret dans la tombe; elle ne te trahira pas. Que ce soit ta consolation et ta vengeance!»

Tandis que je parlais, Hamada avait saisi ma main.

«Merci, râla-t-il, sans mon argent, tu seras encore heureux un jour. Allah kerim! (Dieu est miséricordieux).» Il s’étendit essayant de lever un peu l’index de la main droite.

Doucement, très doucement, il put murmurer encore. «Lâ ilahi ill Allah, Mohammed rasoul Allah»..... puis il ferma les yeux pour toujours. Il ne souffrait plus! Les yeux mouillés de larmes, je contemplai ce cadavre. Que m’était-il réservé, jusqu’à ce que, à mon tour, j’entre enfin aussi dans le repos éternel?

J’appelai mes domestiques et fis chercher quelques hommes dévoués. On lava le corps et on l’enveloppa dans un linceul que j’avais fait apporter.

Sur ces entrefaites, j’allai avertir Mohammed Khalid de la mort de Hamada.

«Est-ce qu’il ne t’a pas indiqué l’endroit où est caché son trésor?» me demanda-t-il aussitôt.