1.Le gisme deDara.
2.–»—»—»Taouescha.
3.–»—»—»Kerchou.
4.–»—»—»Giga.
5.–»—»—»Sirga et Arebo.

Chacun de ces cercles avait une certaine somme d’impôt à payer, mais était en définitive abandonné à l’arbitraire des fonctionnaires.

La perception des impôts est très difficile chez les Arabes nomades, parce qu’ils n’ont aucune demeure fixe et que leur fortune, consistant principalement en bestiaux, ne peut être connue que d’une manière approximative. La coutume était d’imposer pour une somme fixe toute la tribu; cette somme était ensuite répartie par le sheikh principal dans un conseil des chefs des différentes sous-tribus, et chacune de celles-ci était imposée suivant ses moyens.

Je fis dresser pour chacun de ces cinq cercles une liste des villages qui en dépendaient et pour chaque village un état des personnes y résidant et se livrant à l’agriculture et au commerce. Je pus, de cette façon, avoir au moins une connaissance approximative du nombre des personnes soumises à l’impôt. Je voulais examiner ensuite par moi-même, en faisant quelques voyages d’inspection, la qualité du sol et la valeur de ses produits, afin d’avoir une base pour l’établissement des impôts; je comptais aussi m’informer dans ces voyages de la situation de fortune des tribus nomades d’Arabes.

C’est alors que je reçus du Bahr-el-Ghazal une lettre de Gessi Pacha dans laquelle il m’annonçait que les missionnaires, le Dr. R. Felkin et le Rév. Wilson, de la mission protestante anglaise de l’Afrique Centrale, se trouvaient en ce moment chez lui. Ils venaient de l’Ouganda et désiraient se rendre à Khartoum par la route de Dara. Ils étaient accompagnés de personnages envoyés par le roi Mtésa à Sa Majesté la reine d’Angleterre. Gessi me priait de les faire protéger pendant leur voyage et m’annonçait qu’ils devaient partir un jour après sa lettre. Je pouvais donc les attendre à tout instant. J’expédiai aussitôt des messagers au sheikh principal de Kallaka, lui recommandant de mettre à la disposition des voyageurs les vivres nécessaires et de les conduire à Dara avec une escorte sûre.

Accompagné d’environ 40 cavaliers, je me portai au-devant d’eux et les rencontrai à deux milles au sud de Dara, dans une petite forêt. Je saluai le Rév. Wilson et le Dr. Felkin et les trouvai tous deux très fatigués de leur long voyage. Nous mangeâmes le déjeuner que j’avais apporté, étendus sur un tapis étalé à l’ombre des arbres. Ils avaient retardé leur arrivée, parce que le bruit s’était répandu que j’étais en guerre avec Haroun, ce qui les avait portés à croire, que les routes étaient peu sûres. Wilson et Felkin, dans la compagnie desquels se trouvaient les envoyés de Mtésa, avaient donc attendu qu’il leur fut assuré qu’ils pouvaient venir sans danger à Dara. Le Dr. Felkin avait étudié à Iéna; il parlait l’allemand correctement, mais j’avais quelque peine à comprendre Wilson, qui ne parlait qu’anglais; mes connaissances en cette langue étant relativement fort minces. Après le déjeuner, nous partîmes pour Dara où nous fûmes reçus par la garnison sortie à notre rencontre.

Ces deux messieurs firent usage de ma maison et s’y installèrent, tandis que leurs gens campaient devant la porte sous les tentes.

Zogal bey, Hassan effendi Rifki, ainsi que le Cadi et le Serr et Toudjar suivis de plusieurs autres encore, vinrent faire leur visite. Lorsque la cérémonie fut terminée et que nous eûmes, selon la coutume, bu la limonade et le café, j’invitai la compagnie à prendre congé de nos hôtes qui avaient besoin de repos.

Cependant les envoyés du roi Mtésa m’ayant fait comprendre par un interprète qu’ils mangeraient volontiers de la viande, je leur fis livrer un bœuf gras. Dès que ce dernier eut été abattu par mes gens, ils le dépecèrent eux-mêmes, se le partagèrent et le firent rôtir sur un brasier en plein air.

Mais voilà qu’ensuite, ils redemandèrent de la merisa, qu’un vieux pécheur de nègre quelconque leur avait donné à goûter et qu’ils avaient trouvé tout simplement exquise. N’étant guère compétent dans cette question de bière et ne pouvant distinguer la bonne de la mauvaise, je priai Zogal d’envoyer la quantité de bonne bière nécessaire à mes hôtes, en lui recommandant de prendre en outre toutes ses mesures pour que leurs gorges desséchées fussent enfin humectées convenablement.