Je nommai un autre Mamour et quittai Kallaka pour me rendre à Shakka où, comme il était convenu, Madibbo bey devait m’attendre.

Comme nous chevauchions à travers les forêts, avant le lever du soleil, une odeur pénétrante, rappelant le musc, nous signala la présence de civettes.

J’exprimai le désir de rapporter quelques-uns de ces animaux qu’on apprivoise très facilement.

«Qu’en veux-tu donc faire? me demanda avec stupéfaction Arifi Abou Mariam, le grand sheikh; elles vont empester toute la maison.»

«Empester?» lui répondis-je, feignant l’étonnement; car je savais que les Arabes détestent l’odeur de la civette.

«Certainement, il n’y a rien au monde qui répande une odeur aussi désagréable que la civette; elle pue abominablement.»

Et, comme en cet endroit, l’odeur devenait plus pénétrante, il fit une grimace horrible en se bouchant le nez.

«Bien, ajoutai-je après quelques instants, pourquoi aimes-tu l’odeur du soufre; il prend autrement à la gorge que l’odeur de la civette».

«Au contraire, répliqua-t-il aussitôt, le soufre est une odeur agréable, nous y sommes habitués dès notre plus tendre enfance, et nous l’aimons en effet, tout particulièrement.»

«Tu as raison, lui dis-je; combien de fois ai-je vu, dans vos tribus, frotter les nouveau-nés avec de la graisse mélangée à du soufre pulvérisé. Vos mères mêmes s’enduisent la poitrine avec ce singulier onguent.»