Giegler Pacha reprit aussitôt le chemin de Khartoum d’où il revint à Abou Haraz avec une armée considérable composée de troupes régulières. Chérif Ahmed Tahir, un des partisans du Mahdi, fut battu par ces troupes et tué dans l’action. Sa tête fut envoyée à Khartoum. Giegler marcha alors sur Sennaar où se trouvaient rassemblés les Arabes et réussit à disperser les rebelles sans éprouver lui-même de pertes sérieuses.
Ces succès cependant n’arrêtaient pas l’agitation chaque jour grandissante, et à chaque instant le Gouvernement recevait la nouvelle du soulèvement de quelque district.
La situation devenait de plus en plus menaçante et le nouveau Gouverneur général, Abd el Kadir Pacha qui était arrivé vers le milieu de mai 1882, se résolut à faire sans délai fortifier Khartoum.
Cette décision troubla un peu la population en lui prouvant que le Gouvernement, malgré une occupation longue de soixante années, avait peur du mouvement qui se dessinait; cependant on dut prendre cette mesure que les événements rendaient tout à fait indispensable. Il fallait protéger contre toute surprise la capitale du pays, avec ses arsenaux, ses dépôts de munitions et ses archives. Le nouveau Gouverneur général demanda du renfort aux garnisons de Gallabat, El Senhit et de Gira, dont les territoires jouissaient encore de la tranquillité la plus parfaite.
Le Mahdi savait fort bien que sa présence était nécessaire pour faire éclater en une conflagration générale les incendies jusque là dispersés.
Poussé par Elias Pacha et ses amis, il quitta les montagnes et marcha sur El Obeïd, laissant les femmes et les enfants à Gebel Gedir, sous la garde de son oncle Chérif Mohammed et de quelques-uns de ses partisans.
CHAPITRE V.
Extension de la révolution dans le Darfour méridional.