Ces papiers étaient tombés dans les mains de Hatim Mousa lors de l’occupation du territoire des Forogé. Il y avait là aussi un traité entre le sultan Hamed woled Mousa, chef des Forogé et les représentants de l’Etat du Congo. Le traité contenait trois paragraphes conçus à peu près comme suit:
§ 1.—Le sultan Hamed woled Mousa, chef de la tribu des Forogé reconnaît la suprématie de l’Etat indépendant du Congo et se place, lui et sa tribu, sous sa protection.
§ 2.—Le sultan Hamed woled Mousa s’engage à entrer en relations de commerce avec l’Etat du Congo, à exiger l’extension de celles-ci jusqu’aux districts frontières du Darfour, si possible, et à accorder aux agents de cet Etat protection et sécurité dans l’intérieur des frontières de son pays.
§ 3.—L’Etat indépendant du Congo s’engage à soutenir le sultan Hamed woled Mousa dans toutes les entreprises qui auraient pour but de maintenir et de fortifier son autorité dans le pays.
Conclu au mois d’août 1894.
| Hamed woled Mousa, sultan des Forogé (Sceau). Semio woled Tikma, sultan des Tiga, comme témoin. | (Signatures des représentants de l’Etat du Congo.) |
Les deux sultans s’étaient servi lettres latines pour apposer leurs signatures. J’eus à peine traduit que le calife me reprit aussitôt le papier. La curiosité l’emportait sur la défiance. Il me dit pourtant:
«Je ne t’ai pas seulement fait appeler à cause de la traduction de ces écrits qui n’ont aucune valeur pour moi. J’ai déjà donné ordre à Mohammed Ahmed de chasser du Bahr el Ghazal tous ces chrétiens qui sont venus, il est vrai, en petit nombre et seulement comme voyageurs. Mais j’ai une proposition à te faire. Tu sais que je te considère comme un des nôtres, comme mon ami, mon disciple; je me suis décidé à le prouver publiquement en te donnant pour femme, une de mes cousines, ma plus proche parente. Que dis-tu de cela?»