Sur les 6600 chevaux, la moitié à peine est assez forte pour soutenir une campagne, même de peu de durée.
Les porteurs de lances et d’épées sont au nombre de 64,100; plus du quart de ces hommes serait inutile, à cause de l’âge, dans un combat.
Les soixante-quinze canons se répartissent ainsi; six sortent des ateliers Krupp; ils sont d’un gros calibre; la provision de munitions est très minime; huit mitrailleuses, vieux et nouveaux systèmes; soixante-et-une vieilles pièces en laiton, se chargeant par la bouche et de différents calibres.
Les balles se fabriquent presque toutes à Omm Derman; il en est de même pour la poudre et les capsules; elles portent en moyenne à peine à six ou sept cents pas.
Jusqu’à ces dernières années les frontières des pays soumis par le calife du Mahdi allaient de Wadi Halfa (sud-est) à Abou Hammed jusque près de Souakim, Tokar, le long du Chor Baraka à Kassala, Gallabat, puis dans la direction du sud-ouest jusqu’aux montagnes de Beni Shangol.
De Wadi Halfa, dans la direction du sud-ouest, la limite traverse les steppes de Bajouda au nord du Kordofan et du Darfour jusqu’aux environs de Wadaï, et longe, au sud, le Bahr el Arab jusqu’à Dar Djangé.
Au sud, une station avait été fondée à Redjaf. La défaite d’Abd er Rahman woled en Negoumi entraîna la perte de la partie septentrionale de la province de Dongola et la station extrême nord de l’empire des Mahdistes est aujourd’hui Souarda, à trois jours de marche environ au nord de Dongola.
Les victoires des Egyptiens, à Handoub et à Tokar, leur valurent presque tout le Soudan oriental, tandis que les Italiens, après la prise de Kassala, s’emparèrent des territoires situés à l’est de cette ville. Force fut donc au calife de considérer l’Atbara comme limite et de la fortifier en élevant des stations le long du fleuve.
La garnison de Gallabat fut réduite à quelques cents hommes, pendant que les forces principales, sous les ordres d’Ahmed Fadhil, furent transférées dans le Ghedaref. Le roi des montagnes de Beni Shangol, Tor el Goule, se déclara indépendant et, avec lui, les chefs des populations environnantes.
A l’ouest, les tribus des Massalat, Tama, Beni Husein et Gimmer se révoltèrent, après s’être soumises tout d’abord aux Mahdistes, et avoir payé le tribut; elles purent, grâce aux succès remportés, rester indépendantes jusqu’à la fin. Elles formèrent une alliance défensive et offensive avec le sultan Youssouf du Wadaï, de sorte qu’on ne peut considérer le Darfour comme réellement soumis que dans sa plus grande moitié orientale.