Effrayé par la nouvelle que des Européens avaient l’intention de s’emparer de la province du Bahr el Ghazal, la plus importante du Soudan, celle qui fournissait déjà sous la domination égyptienne les plus nombreux et les meilleurs soldats et que l’on considère comme la meilleure base d’opération sans contredit, pour toute entreprise contre le Soudan, effrayé, dis-je, Mahmoud Ahmed envoya l’émir des Taasha Hatim Mousa, à la frontière sud du Darfour, avec une force suffisante, pour prendre possession du Bahr el Ghazal: la soumission projetée du Darfour occidental fut ainsi provisoirement suspendue.
Les postes avancés de l’Etat du Congo qui avaient déjà réellement pénétré dans le Bahr el Ghazal se retirèrent et Hatim Mousa put occuper facilement la partie septentrionale de la province. Bien que ses forces fussent suffisantes, le calife lui donna l’ordre de ne pas s’avancer dans l’intérieur du pays, mais d’attendre des renforts d’Omm Derman.
Les Shillouk et les Dinka ayant été battus autrefois par Zeki Tamel, la route des provinces équatoriales était libre.
On peut considérer Redjaf comme le point méridional du territoire mahdiste. De cette station on entreprenait souvent des expéditions dans l’intérieur du pays, non pas pour conquérir quelque terre, mais pour s’emparer d’esclaves, d’ivoire, etc., le commandant Arabi Dheifallah n’ayant d’autre but que celui de s’enrichir le plus rapidement possible. Une de ces expéditions rencontra les postes de l’Etat du Congo, stationnés aux abords de Dongou; les Mahdistes après un combat aussi long qu’opiniâtre durent se replier sur Redjaf après avoir essuyé des pertes considérables.
Les finances sont administrées par les «Bouyout el Mal» (pluriel de Bet el Mal = maison du trésor).
Voici les principales caisses:
| I. | «Bet el Mal el Oumoumi», caisse générale des finances. |
| II. | «Bet Mal el Moulazeimie», caisse des moulazeimie du calife. |
| III. | «Bet Mal warchet el Harbia», caisse pour l’approvisionnement du matériel de guerre. |
| IV. | «Chums el Califa,» le cinquième du calife, c’est-à-dire sa caisse particulière. |
| V. | «Bet Mal Zaptieh es Souk,» caisse du marché et caisse du service de sécurité. |
I. Bet el Mal el Oumoumi.
a. Revenus.