«De même que les pierres d’une construction se soutiennent réciproquement, ainsi soutenez-vous les uns les autres! Pardonnez-vous mutuellement et aimez-vous comme les fils d’une seule et même mère.»
«Nous nous pardonnons les uns et les autres,» crie alors à plusieurs reprises toute la foule.
«Que Dieu vous bénisse! Qu’il vous conduise à la victoire, qu’il vous protège! Allez et répétez “lâ ilaha ill Allah, ou Mohammed rasoul Allah!” Ce cri éclairera votre cœur et fortifiera votre foi!»
Et l’assemblée se disperse en répétant «amin» et «lâ ilaha ill Allah».
Toutes ses prédications se ressemblent; c’est très rare qu’il se permette une légère variation.
L’accomplissement des devoirs religieux consiste d’abord dans la récitation des cinq prières, dans la lecture du Coran, qu’il est toutefois sévèrement défendu d’interpréter, ainsi que la lecture du rateb et les circulaires du Mahdi. Quiconque, sans des raisons majeures, fait ses prières chez lui est coupable de désobéissance, et, selon le calife, la prière n’a aucune valeur et n’est point reçue par Dieu.
La manifestation pratique religieuse consiste dans l’exécution des ordres du calife; par cela seulement l’entrée des croyants dans le ciel est rendue possible. Il a interdit les pèlerinages à la Mecque, car il estime que pour le pèlerin le tombeau du Mahdi, le représentant du Prophète, doit suffire. La plupart des Soudanais sentent fort bien que les ordonnances du calife vont à l’encontre de la vraie croyance; ils sont néanmoins contraints de les respecter, de crainte de perdre, sinon la vie, tout au moins leurs biens.
Et, c’est à cause de cela que règne actuellement une hypocrisie générale dont même les meilleurs éléments sont atteints.
L’instruction est naturellement très inférieure.
Le calife a érigé une école religieuse (mesghid), on en trouve, avec son autorisation spéciale, aussi dans des maisons privées; les garçons, et dans quelques cas aussi les filles, y apprennent la lecture du Coran et du rateb et les principes de l’écriture.