La partie supérieure de la construction est faite en briques cuites.
L’ensemble de l’édifice émergeant du milieu de maisons basses et insignifiantes produit un effet grandiose, auquel les éraflures nombreuses dont souffre l’enduit de chaux portent seulement quelque préjudice. De trois sphères creuses juxtaposées sort une grande lance de cuivre jaune qui, s’élevant sur le sommet de la coupole, est visible déjà à une grande distance. La lance a suggéré aux mécontents la remarque suivante que le Mahdi, n’ayant pu accomplir ses desseins serait aussi disposé à entrer en guerre avec le ciel.
Le mausolée est entouré d’une barrière de bois brut, destinée à tenir les pèlerins éloignés de l’édifice.
A une distance d’environ vingt pas, on a creusé dans la terre des réservoirs aux parois murées, utilisés par les cohortes des croyants pour leurs ablutions.
Le Tombeau du Mahdi.
L’intérieur de la coupole est peint en blanc. Au milieu est suspendu à une longue chaîne en fer le lustre en verre qui ornait jadis le palais du gouverneur général. Aux parois sont fixés des candélabres dorés, butin enlevé aux maisons riches. A sa gauche le visiteur a le tombeau du Mahdi, édifié par l’habile menuisier Hamouda, échappé de l’arsenal de Khartoum, lors du massacre. Surmonté de nombreuses tourelles et de motifs variés, richement peints, ce tombeau pourrait passer pour le modèle d’une petite maison de campagne d’origine exotique; il est, sur l’ordre du calife, toujours recouvert d’un drap noir.
Des tentures, des rideaux de couleur sombre ne laissent pénétrer que discrètement la lumière à l’intérieur et l’impression de gravité et de grandeur même qui se dégage de l’ensemble n’est troublée que par l’effet produit par le contraste des couleurs.
L’intérieur du mausolée qui reste frais, même par les plus fortes chaleurs, ne peut être visité que moyennant la permission spéciale du calife. Lui-même s’y rend maintes fois pour se livrer à ses pensées et songer aux jours passés.