Même le plus fidèle partisan et serviteur du calife, le cadi Ahmed woled Ali, n’échappa point à son sort. Lui aussi fut jeté au cachot et dépouillé de sa fortune qu’il avait acquise d’une manière irrégulière, tandis que ses femmes, dont il avait retenu un grand nombre par force dans sa maison, furent réparties entre ses ennemis.
Œil pour œil, dent pour dent! Dans cette même maison où son ancien adversaire Zeki Tamel rendit l’âme, lui-même fut enfermé et connut les mêmes tourments. Quelques jours après, le calife intima l’ordre à deux de ses cadis de l’interroger sur l’endroit et le lieu où il avait caché son argent, car on en avait trouvé fort peu chez lui.
«Allez dire au calife, répondit-il, que j’ai terminé mes comptes avec ce monde, que je ne possède pas un liard et que j’ignore l’endroit où l’on trouverait de l’or et de l’argent.» Les cadis lui promirent la grâce du calife s’il avouait; sa réponse fut invariablement la même. Ils durent retourner auprès de leur maître sans autre résultat.
Ceci se passait quelques jours avant ma fuite. Au moment d’écrire ces lignes, j’appris que lui aussi avait purgé sa condamnation.
On remplirait des volumes en décrivant toutes les monstruosités, qui se sont passées dans les cachots d’Omm Derman et les atrocités commises par le Sejjir et ses aides.
Mais passons..... Un jour viendra où la justice fera son œuvre!