La Kerraba est un plateau sablonneux, couvert de pierres noires de la grosseur du poing ou de la tête, serrées étroitement les unes contre les autres et les unes sur les autres; parfois, l’on rencontre quelques gros blocs isolés. Les animaux épuisés, pouvaient à peine avancer sur ce cailloutis, un véritable casse-cou.

Vers le soir, nous aperçûmes dans le lointain, mais très loin encore, le Nil qui serpentait à travers le pays; l’obscurité nous prit au moment où nous descendions le plateau; nous ne tardâmes pas à arriver dans une vallée entourée de collines pierreuses.

On fit halte et les selles furent enlevées. Le fleuve n’était éloigné que d’environ deux heures.

«Notre mission touche à sa fin, dirent à la fois Hamed et Zeki, qui s’assirent et prirent quelques dattes. Demeure ici avec les chameaux; nous irons à l’endroit où doivent se trouver tes amis avec lesquels tu poursuivras ta route.»

Seul, plein d’espérance en l’avenir, mon esprit, mes pensées se reportaient vers les miens, je les voyais, je revoyais ma patrie.....

Il pouvait être minuit, personne encore. Que signifiait donc ce retard? si l’on n’arrivait pas, je ne pouvais traverser le fleuve cette nuit même.....

Deux heures avant la pointe du jour, j’entendis enfin des pas: c’était Hamed.

«Quelles nouvelles m’apportes-tu? lui demandai-je, tout anxieux.»

«Aucune,» me répondit-il; il s’assit, rendu de fatigue.