«Impossible de trouver tes amis à l’endroit convenu, reprit-il; je suis revenu, car tu ne peux rester ici, étant trop exposé au danger d’être vu, dans cette contrée habitée. Zeki est là-bas, qui cherche tes gens. Prends la ghirba sur ton dos, ainsi que les dattes, je ne saurais porter quoi que ce soit, tant je suis épuisé. Viens! Gravissons la Kerraba, tu t’y cacheras entre les pierres.»

Une heure après, nous atteignîmes le plateau.

«Demeure ici, me dit Hamed, forme un cercle avec les pierres; c’est ainsi que font les chameliers pour se protéger contre le froid, pendant la morte saison; puis, cache-toi à l’intérieur. Mais, tu sais cela; tu es un Arabe comme nous! Ce soir, je viendrai te chercher. Pour l’instant, je retourne auprès des chameaux; étant connu, je n’ai rien à craindre.

«Si l’on m’interroge, je dirai que je viens de Dar Sheikhieh et que je cherche des gens établis dans la contrée. Heureusement, j’ai ici aussi des parents.»

Il partit, me laissant seul, abandonné.

J’eus bien vite fait de construire un cercle en pierres de la hauteur d’un demi-mètre, dont le centre était assez spacieux pour m’y cacher avec la ghirba et mon fusil.

Dès que les premières lueurs du jour parurent, je rentrai dans ma cachette. Le sol était tendre, sablonneux.

Je garnis de sable mon rempart, de telle sorte qu’on ne pouvait m’apercevoir et, fatigué, je m’y étendis.

A quoi songer si ce n’est aux miens, aux années de captivité, à la colère du calife en apprenant ma fuite, aux incidents, aux difficultés qui pouvaient encore surgir et qui m’apparaissaient même comme infranchissables....