Et pourtant, je n’ai jamais désespéré; en pouvait-il être autrement? Dans quelque situation difficile que je me sois trouvé, je n’ai jamais perdu courage ni confiance en ma bonne étoile! Et la peur trouve aujourd’hui place en mon cœur! Peut-être, est-ce parce que je suis enseveli comme dans un tombeau? Mourir aujourd’hui ou demain, n’est-ce point là le sort de tous les hommes?
Mais mourir seul, délaissé, en pays étranger! O Dieu, toi qui trônes au-dessus des nuages, aie pitié de moi, aie pitié d’un pauvre malheureux, laisse-moi revoir ceux qui me sont chers, mes amis et ma patrie.....!
Le calme revint en moi! Eh quoi! c’était un léger retard, mais mon affaire marchait à souhait! Cette nuit, je traverserai le Nil, demain je franchirai le désert, deux ou trois jours me sépareront de tout danger et, léger comme l’oiseau, je me hâterai d’aller vers ceux que je désire tant revoir.
Je me pris à rire, rempli des plus douces espérances.
Les rayons du soleil, un soleil brûlant, tombaient perpendiculairement sur ma tête; je tâchais de me protéger de mon mieux en utilisant ma ferda, lorsque j’entendis un léger sifflement. C’était Hamed qui, l’air joyeux, arrivait à moi.
«Nous avons rencontré tes amis, me dit-il.»
Quelle joie en entendant ces paroles!
«Tu n’as rien à craindre ici, continua Hamed. Zeki trouva tes gens avant l’aube et ils convinrent aussitôt de ce qu’il y avait à faire.
«Ils sont prêts; ce soir, ils viendront te chercher. Mais, soyez prudents: ta fuite est connue dans le pays. Viens avec moi maintenant..... non, reste plutôt ici, c’est mieux; tu attendras l’obscurité. Je te quitte; viendras-tu seul ou dois-je revenir te chercher?»