«Il est inutile que tu te fatigues davantage; je connais l’endroit et vous y trouverai ce soir.»
Le soleil allait disparaître quand, la ghirba et le fusil sur l’épaule, je quittai ma cachette dans laquelle j’avais passé quelques heures tourmentées que je n’oublierai pas et avec la perspective d’avoir à surmonter encore quelques difficultés.
Arrivé auprès de mes amis, je trouvai deux hommes que je ne connaissais pas. Ils me saluèrent: «Nous sommes, dirent-ils, envoyés par ton ami Ahmed ibn Abdallah, de la tribu des Djihemab; nous te conduirons vers le fleuve; Ahmed lui-même le traversera avec toi.
Sur la rive opposée, des chameaux sont prêts; ils te mèneront à travers le désert. Prends congé de tes guides, leur mission est remplie!»
Je serrai bien cordialement la main de mes deux vieux amis et les remerciai en termes émus de leur sacrifice.
«Portez-vous bien, au revoir dans des temps meilleurs et surtout plus calmes!»
Nous sellâmes deux chameaux, le troisième fut laissé à mes anciens guides. Un des nouveaux guides prit place à califourchon derrière moi et nous partîmes.
«Comment t’appelles-tu?» lui demandai-je.
«On me nomme Mohammed, maître, et mon camarade Ishaak.»
«Est-ce vous qui m’accompagnerez dans le désert?»