«Toi-même, tu te contentes pourtant de la nourriture du pays, ajouta-t-il, il serait donc en tout cas préférable pour lui de s’y habituer également le plus tôt possible; mais, où est Moustapha, je ne l’ai pas vu depuis que nous sommes partis de Rahat.»
«Il est ici et surveille mes domestiques dans les soins qu’ils donnent aux chevaux et aux chameaux.»
Sur le désir du calife, j’envoyai un des grooms qui se tenaient au dehors, pour le chercher. Quelques minutes après Moustapha arriva.
«Où donc te tiens-tu toujours, que je ne t’ai pas aperçu depuis des semaines, gronda-t-il, as-tu donc oublié que je suis ton maître?»
«Je suis, avec ta permission, auprès d’Abd el Kadir et je l’aide dans ses travaux, dit Moustapha d’un air arrogant. Tu ne t’occupes pas de moi et tu m’as livré à moi-même.»
«Je m’occuperai de toi à l’avenir» dit le calife en colère. Il appela un moulazem: «Conduis Moustapha auprès du secrétaire Ben Nagi»: ordonna-t-il, et fais-le mettre aux fers!»
Kloss suivit son gardien sans répliquer un mot.
«Moustapha, continua le calife, est un mauvais homme et tu as suffisamment de serviteurs pour pouvoir facilement te passer de lui. Je l’ai pris auprès de moi et il m’a quitté sans motifs. Je lui ai ordonné de servir mon frère Yacoub, il s’est plaint de lui et l’a quitté. Maintenant qu’il est auprès de toi, croit-il pouvoir ne plus s’occuper de nous.»
«Pardonne-lui, car qui pardonne est miséricordieux! Ordonne-lui de rester auprès de ton frère, peut-être deviendra-t-il meilleur?»