C’est ainsi que son vœu le plus cher, celui de se voir entouré de sa propre tribu et de la rendre maîtresse du pays, fut accompli.

Abd er Rahman woled Negoumi, à Dongola, avait reçu l’ordre de prendre l’offensive contre l’Egypte, mais l’exécution fut encore différée de nouveau.

Pendant ce temps son armée s’accroissait par suite de l’arrivée des nouveaux émirs qui lui déplaisaient et qu’il voulait éloigner d’Omm Derman de sorte que, peu à peu, des forces importantes se trouvèrent rassemblées à la frontière septentrionale de l’empire mahdiste. Le calife envoya à Berber, Othman woled ed Dikem, frère de Younis pour remplacer le représentant de feu Mohammed Cher. Celui-ci partit avec 600 chevaux pour aller prendre possession de son gouvernement et un nouveau district fut ainsi placé sous les ordres d’un des membres de la famille du calife.


CHAPITRE XIII.

La campagne d’Abyssinie.

La bataille de Gallabat.—La mort du roi Jean.—La révolte d’Abou Djimesa.—Défaite des Mahdistes.—Mort d’Abou Djimesa.—Préparatifs pour la campagne contre l’Egypte.—L’exécution des Batahin.—Nouvelles lettres de mon pays.—Un cadeau de Vienne pour le calife.—Emigration des Taasha.—Expédition d’Abd er Rahman woled Negoumi contre l’Egypte.—La bataille de Toski.—La grande famine.—La chute d’Ibrahim Adlan.—Son exécution.—Méfiance du calife à mon égard.—Une preuve de sa bienveillance.

Les succès obtenus par les Mahdistes dans l’ouest et dans l’est ne devaient pas demeurer incontestés. Le roi Jean avait résolu de se venger de leur attaque et du sac de Gondar. Il réunit ses troupes pour marcher contre Gallabat et anéantir l’ennemi de son pays et de sa religion.