[370] Le prince de Metternich à sa femme. «Florence, ce 18 mars... Je loge ici au palais Dragomanni. La maîtresse de ma maison est veuve, et c'est cette danseuse enragée de la Furlana que vous avez vue aux bals de Mme Élisa, en 1810, à Paris. Elle a neuf ans de plus et ne danse plus, mais ma vertu est à couvert, tout comme si elle dansait encore avec son impétuosité ancienne. Je n'ai jamais aimé les bourrasques et les ouragans. Les fenêtres de ma chambre à coucher donnent sur un jardin où tout est en fleur.» (Mémoires du prince de Metternich, t. III, p. 193).
[371] Le grand-duc de Toscane était alors Ferdinand III, archiduc d'Autriche, né le 6 mai 1769, qui succéda à son père Léopold Ier le 2 juillet 1790, céda la Toscane et reçut en échange, le 27 avril 1803, l'archevêché de Salzbourg, échangea encore cet archevêché contre l'électorat de Wurzbourg le 26 décembre 1805. Il céda de nouveau ce dernier et reprit la Toscane le 30 mai 1814. Il avait épousé l'infante Louise-Amélie, fille de Ferdinand IV des Deux-Siciles. Il perdit sa femme, le 19 septembre 1802, et mourut lui-même le 18 juin 1824.
Son père, le grand-duc Léopold Ier, dont M. de Metternich parle ci-dessus, était né le 5 mai 1747. Il devint grand-duc de Toscane en 1765. A la mort de son frère, Joseph II, en 1790, il lui succéda comme empereur d'Allemagne sous le nom de Léopold II et mourut subitement le 1er mars 1792 (Allgemeine Deutsche Biographie, t. XVIII, p. 322.—Almanach de Gotha.—Strobl von Ravelsberg, Metternich und seine Zeit, p. 370).
[372] Rossini (Gioacchino), né à Pesaro le 29 février 1792, mort en 1868. Son Otello avait été joué pour la première fois en 1816, à Naples, sur la scène du théâtre del Fondo.
[373] Le marquis de Caraman, voir p. 117.
[374] Krusemarck (Frédéric-Guillaume-Louis DE). Ministre de Prusse à Vienne. Né le 9 avril 1767. Accrédité comme chargé d'affaires près du gouvernement français le 2 janvier 1810 puis comme ministre plénipotentiaire le 28 janvier suivant, occupa ce dernier poste jusqu'en 1813. Pendant la campagne de 1814, il fut quelque temps gouverneur militaire du pays entre l'Elbe et le Weser. Ministre de Prusse à Vienne (décembre 1815), il exerça cette fonction jusqu'à sa mort survenue le 25 avril 1822 (Potens, Handwörterbuch der Militär-Wissenschaften, t. VI, p. 77.—Allgemeine Deutsche Biographie, t. XVI, p. 269).
[376] Cette date et les lignes qui suivent permettent de croire que le personnage désigné par l'initiale D. est le prince Pierre Petrovitch Dolgorouki, né le 19 décembre 1777, aide de camp général (23 décembre 1798) et favori d'Alexandre Ier, chargé par lui de plusieurs négociations diplomatiques en 1805 et 1806, commandant la ville de Smolensk, mort le 6 décembre 1806 à la suite de sa disgrâce et enterré dans le couvent d'Alexandre Nevski (Ermerin, Annuaire de la noblesse de Russie, 1889, p. 93.—Recueil de la Société impériale d'histoire de Russie, t. LX, Liste alphabétique de personnages russes pour un dictionnaire biographique russe, p. 211).
Les négociations de Berlin en 1805 auxquelles fait allusion le prince de Metternich, avaient pour but d'entraîner la Prusse dans la coalition de l'Autriche et de la Russie contre la France. Le prince Dolgorouki était arrivé dans les premiers jours d'octobre, porteur d'une lettre du Tsar demandant pour la seconde fois le passage à travers les territoires prussiens pour les armées russes. Frédéric-Guillaume hésita tout d'abord, mais Bernadotte ayant violé le territoire d'Anspach, le roi renvoya le prince Dolgorouki au Tsar, porteur de l'autorisation demandée. Un traité fut signé le 3 novembre entre les trois cours, mais Austerlitz allait bientôt le rendre inutile.
M. de Metternich dit dans ses Mémoires, t. I, p. 41, à propos de ces pourparlers: «Plus tard l'empereur Alexandre expédia un des jeunes conseillers dont il s'était entouré depuis son avénement: c'était un de ses aides de camp, le prince Dolgorouki, homme d'esprit, plein de feu, mais nullement fait pour une mission trop délicate pour une nature comme la sienne. Son maître lui ayant recommandé de ne rien faire sans moi, je pus bien le diriger un peu, mais non lui dicter sa conduite.»