Le 4 mai 1803, Mme de Lieven racontait à son frère l'histoire d'un duel qui avait mis aux prises Dolgorouki et Borodine. Le premier avait provoqué le second et il avait reçu une balle au-dessus du genou. «Elle y est encore; il est couché et je crois pour longtemps. Il faut que j'aie le cœur bien mauvais, mais en vérité cela m'a fait plaisir. Toute la ville se moque de Dolgorouki... Mon Dieu! comme il est bête, cet homme d'esprit!» (Ernest Daudet, Une vie d'ambassadrice au siècle dernier, p. 58).
Si donc nous ne nous trompons pas sur le nom de Dolgorouki, l'amour de Mme de Lieven pour ce dernier était déjà mort en mai 1803... ou il n'était pas encore né.
[377] Burghersh (John Fane, XIe comte de Westmoreland, connu, jusqu'à la mort de son père en 1841, sous le nom de Lord), ministre d'Angleterre à Florence. Né à Londres le 3 février 1784. D'abord officier dans l'armée anglaise, il fut envoyé le 14 août 1814 à Florence comme ministre plénipotentiaire. Ministre à Berlin de 1841 à 1851. Ambassadeur à Vienne (1851-novembre 1855). Il fut promu général le 20 juin 1854 et mourut à Apthorpe House, Northamptonshire, le 16 octobre 1859.
Il avait étudié le violon et la composition avec Hague, Zeidler, Platoni, Portogallo et Bianchi. Ce fut lui qui proposa la création de l'Académie royale de musique de Londres, qui fut ouverte le 24 mars 1823.
Lord Burghersh composa sept opéras (Bajazet, Fedra, Il Torneo, l'Eroe di Lancastro, etc.) trois cantates, des messes et de nombreuses œuvres symphoniques (Dictionary of National Biography, vol. XVIII, p. 176).
[378] Canova (Antoine), né le 1er novembre 1757 à Possagno, province de Trévise, mort à Venise le 12 octobre 1822. Sa statue de Persée, en marbre, est actuellement au musée du Vatican.
[379] Richelieu (Louis-François-Armand de Vignerot du Plessis, duc DE). Né à Paris le 13 mars 1696. Ambassadeur à Vienne (1725-1727), en Saxe (1746), maréchal de France (11 octobre 1748), membre de l'Académie française (25 novembre 1720). Mort à Paris le 8 août 1788 (R. Bonnet, Isographie des membres de l'Académie française, p. 239).
[380] Le même jour, 22 mars, le prince de Metternich écrivait à la princesse Éléonore sa femme une lettre où il lui faisait, à peu près dans les mêmes termes que dans la présente, le récit de la fête du 20 mars. Les deux pages, celle adressée à l'épouse et celle destinée à la maîtresse, sont curieuses à comparer (Voir Mémoires du prince de Metternich, t. III, p. 193).
[381] Fondée au seizième siècle aux Offices, la manufacture de mosaïques était installée depuis 1797 dans les bâtiments du palais de l'Académie des beaux-arts, où elle se trouve encore (via degli Alfani, 82). A cette fabrique est joint le Musée des ouvrages en pierres dures (Museo dei Lavori in Pietre dure).
[382] Apponyi (Antoine-Rodolphe, comte), né le 7 décembre 1782 d'une très ancienne famille hongroise, ministre d'Autriche à Florence, puis ambassadeur à Rome, à Londres (mai 1824), à Paris où il resta jusqu'en 1849. Le 17 août 1808, il avait épousé Thérèse, comtesse Nogarola de Vesone, et il mourut le 17 octobre 1852 (Wurzbach, Biographisches Lexikon des Kaiserthums Œsterreich, vol. I, p. 57).