— Ce ne peut être un imbécile, puisqu'il commande à nos maîtres.
— Hum! tu as peut-être raison, Gavrilo, marmottai-je, arrêté par cet argument. Conduis-moi donc vers mon oncle.
— Mon cher, c'est que je ne tiens pas à me faire voir. Je commence à craindre jusqu'au maître lui-même. C'est ici que je ronge mon chagrin et, quand je le vois venir, je vais me cacher derrière ces massifs.
— Mais de quoi as-tu peur?
— Tantôt, je ne savais pas ma leçon et Foma Fomitch voulut me faire mettre à genoux. Je n'ai pas obéi! Je suis trop vieux pour servir d'amusette. Monsieur s'est fâché de ma désobéissance. «C'est pour ton bien, me disait-il, il veut t'instruire et te faire acquérir une prononciation parfaite.» Alors, je reste ici pour bien apprendre mon vocabulaire, car Foma Fomitch va me faire passer un examen ce soir.
Il y avait là quelque chose de louche. Cette histoire de français devait cacher un mystère que le vieillard ne pouvait m'expliquer.
— Une seule question, Gavrilo: comment est-il de sa personne?
Est-il bien pris? De belle prestance?
— Foma Fomitch? Mais non, petit père! C'est un petit malingre, chétif!
— Hum! Attends, Gavrilo. Tout cela peut s'arranger encore et je te promets que ça s'arrangera. Mais où est donc mon oncle?
— Il donne audience aux paysans derrière les écuries. Les anciens de Kapitonovka sont venus lui présenter une supplique à la nouvelle qu'il les donnait à Foma Fomitch. Ils viennent le prier de n'en rien faire.