Je m'excusai et me défendis de toute curiosité indiscrète.
M. Kiriloff rougit.
— Il a dit la vérité; j'écris. Mais tout cela est indifférent.
Nous nous tûmes pendant une minute. Tout à coup je vis reparaître sur son visage le sourire enfantin que j'avais déjà observé chez lui.
— Il a mal compris. Je cherche seulement les causes pour lesquelles les hommes n'osent pas se tuer; voilà tout. Du reste, cela aussi est indifférent.
— Comment, ils n'osent pas se tuer? Vous trouvez qu'il y a peu de suicides?
— Fort peu.
— Vraiment, c'est votre avis?
Sans répondre, il se leva et, rêveur, commença à se promener de long en large dans la chambre.
— Qu'est-ce donc qui, selon vous, empêche les gens de se suicider? demandai-je.
Il me regarda d'un air distrait comme s'il cherchait à se rappeler de quoi nous parlions.