L'œillette.—C'est le nom vulgaire de certains pavots cultivés pour leurs graines. Le pavot renferme une substance vénéneuse, l'opium, mais ses graines en sont totalement dépourvues, et ce sont elles qui fournissent l'huile d'œillette, peut-être la meilleure après l'huile d'olive.

—Dans deux mois, ajouta l'oncle Frantz, ce ne sera partout qu'un immense tapis vert: ici, du chanvre et du lin, dont on fera les belles toiles du Nord ou les dentelles de Valenciennes et de Douai; là, le colza, la navette et l'œillette pour les huiles, le houblon pour la bière, les betteraves pour les raffineries de sucre et pour la nourriture des bestiaux, enfin les céréales de toute sorte; car ici il n'y a jamais un mètre de terrain inoccupé.

—Pourquoi ne voit-on pas de vaches dans les champs par ici? observa Julien.

—C'est qu'on les nourrit à l'étable pour la plupart. Ce qui n'empêche pas les vaches flamandes d'être une des plus belles races françaises. Elles sont grandes et donnent beaucoup de lait. Les moutons flamands sont aussi renommés; avec leur laine on fait les belles étoffes qui se vendent à Roubaix et à Tourcoing.

Une filature de lin a Lille.—Le lin est de toutes les fibres de plantes celle qu'il était le plus difficile de filer à la mécanique. C'est par une merveille de l'industrie que les machines réussissent maintenant à transformer ces fibres si courtes en fils longs et souples qui vont s'enroulant sur des bobines.

—Et toutes ces grandes cheminées, mon oncle, dit Julien, qu'est-ce donc?

—Ce sont les cheminées d'usines de toute sorte, raffineries de sucre, distilleries d'eau-de-vie, fabriques d'amidon. Bientôt nous verrons les moulins à huile et à farine. Plus tard nous rencontrerons des puits de mines: les mines d'Anzin et de Valenciennes produisent à elles seules le quart de toute la houille retirée du sol français.

—Oh! oh! dit le petit Julien, je suis bien content de connaître la Flandre; je vois que le nord de la France n'en est pas la partie la moins bonne.