— Mlle Ribes, la demoiselle de compagnie de sa marraine, lui cherche une place d'institutrice… ou de lectrice…
— Une place? Pauvre gosse!…
— La petite Phyl institutrice! Cela semble absurde, n'est-ce pas?
— Quelle misère! Quelle misère!
Et prenant congé de Kerjean, il s'éloigna. Celui-ci le suivit des yeux un moment, et alla sonner à la grille de l'hôtel.
Une anxiété, presque une angoisse, l'étreignait. Il aimait cette enfant comme une petite soeur, très doucement, très précieusement, de l'affection que les forts donnent aux faibles.
Maître Baudin, à qui Mme Davrançay avait maintes fois confié ses intentions testamentaires, avait rappelé à Mlle Arguin qu'en recueillant Phyllis la défunte avait entendu s'acquitter d'une dette contractée au lit de mort de Marcel Boisjoli. Il lui avait suggéré la possibilité d'une mesure qui, en l'occurrence, semblait assez équitable: reporter sur la tête de la jeune fille la petite pension qu'elle-même, alors dans le besoin, avait reçue de sa tante, pendant près de trente années. Mais Mlle Arguin s'était montrée irréductible.
Kerjean s'était à son tour autorisé de sa dernière conversation avec Mme Davrançay pour risquer une démarche. Il avait parlé avec chaleur, il s'était cru persuasif. Ses arguments s'étaient brisés contre l'aversion froide et inflexible qui avait découragé maître Baudin.
— Phyllis Boisjoli travaillera, avait-elle déclaré. Comme tant de jeunes filles, tant de jeunes femmes, comme sa propre mère, elle gagnera sa vie, et ce lui sera salutaire…
Guillaume avait regardé la vieille fille.