"Au revoir, mon ami. Je vous promets d'être vaillante.

"Bien affectueusement.

"Phyllis."

"Villa des Vignes, 27 août.

"Vous êtes bon de me répondre si fidèlement. Je voudrais vous écrire des lettres intéressantes, mais je ne suis libre que le soir…

"La plage fait les frais de nos plus grands plaisirs, à Liliane et à moi. Puis nous prenons des bains. Je nage comme un poisson, vous savez? C'est un instinct chez moi. M. Valois pense qu'il doit y avoir, dans ma plus lointaine ascendance, une petite sirène dont je porte la ressemblance mystérieuse.

"Nous faisons aussi de longues promenades à travers la campagne, au hasard des plus ravissants chemins creux… Quelquefois, M. Valois nous accompagne. Il manque décidément de toute espèce de distinction, mais je le préfère à sa femme, parce qu'il est simple, cordial, et toujours de bonne humeur. Il a connu beaucoup de gens, d'hommes politiques, d'hommes de lettres. Sa grosse tête fourmille de souvenirs anecdotiques, et ses récits très vivants, sa manière de conter m'amusent. Le soir, quand Mme Valois ne parle pas d'aller au casino, Liliane va chercher son père, et nous jouons au jeu d'oie tous les trois, à moins que ce ne soit au Nain jaune…

"Mon cher Kerjean, voilà ma vie! La vôtre est peut-être plus paisible encore, mais votre lettre est un hymne au travail! On vous devine pris, conquis, enivré… De "chercher" vous passionne.

"Vieux Kerjean, comme j'aimerais vous voir.

"Je vous aime bien.