"Phyllis."

"9 septembre.

"Kerjean, quand vous parlez de M. Valois, on dirait que vous êtes jaloux! Pensez-vous que la place de "Bon-géant" soit à prendre?… Ce brave homme est mon seul espoir. Il chérit sa petite fille et voit combien Liliane m'aime… Peut-être convaincra-t-il sa femme de me garder à Paris…

"Hier, précisément, M. Valois a vu que j'avais pleuré (hélas! Kerjean, il y a des jours, des heures où je ne puis m'empêcher de pleurer), et, sans grand tact, mais avec une très évidente bienveillance, il m'a demandé si quelqu'un m'avait fait de la peine.

"M. Valois paraissait tout apitoyé, tout désireux de me témoigner sa compassion… Il m'a pris la main comme vous quand j'ai de la peine… Je la lui ai retirée, soyez tranquille; je déteste que quelqu'un d'étranger me touche… Mais j'ai remercié M. Valois de sa bonté.

"Kerjean, je ne quitterais volontiers Liliane que si quelque chose d'heureux — la seule chose heureuse pour moi — arrivait… Oh! Kerjean! n'est-il pas étrange que je puisse attendre encore des choses heureuses, et cela, sans m'appuyer sur d'autres raisons que celles de mon coeur…

"Si vous lisiez en moi, vous y verriez certainement combien vous auriez tort d'être jaloux de qui que ce fût. J'ai entendu dire de je ne sais qui: "Elle a été la femme d'un seul amour." On pourra dire cela de moi, Kerjean, mais il faudra qu'on ajoute: "Elle a été aussi la femme d'une seule amitié."

"Votre petite Phyl."

"Villa des Vagues, 10 septembre.

"Mon cher Kerjean, je pars demain à la première heure. Je quitte Houlgate et les Valois… C'est une histoire révoltante et parfaitement ridicule que je vous conterai. Vous aviez raison. Je manque d'expérience, mais le monde est quelquefois bien laid.