Il ajouta :

— Vous me croyez, vous avez confiance en moi ?

Elle répondit d’un petit mouvement de tête affirmatif, sans regarder l’officier ; puis, de nouveau, ses yeux se levèrent sur lui, avec anxiété :

— Quand j’ai parlé d’un secret, fit-elle, vous avez bien compris, n’est-ce pas, qu’il ne s’agissait de rien qui… rien qui ressemblât à un secret… politique ?

Un peu interdit, car il se rappelait soudain ses soupçons de tout à l’heure et éprouvait quelque honte de les avoir si facilement chassés, il commença :

— Si j’avais eu semblable pensée, je…

Mais les mots lui manquèrent pour continuer et il se tut ; ses yeux interrogeaient.

Le joli visage de la princesse au bois dormant se faisait très grave.

— Vous avez dit, monsieur, que vous ne connaissiez ni le nom que je porte ni le secret que je vous priais de ne point trahir… Ce nom — qui ne peut être tout à fait ignoré de vous — je vais vous l’avouer : je m’appelle Claude de Chanteraine… je suis la petite-fille du duc Robert-Gérard de Chanteraine, mort il y a douze ans. Ce secret — que vous connaissez déjà en grande partie, puisque vous savez que Chanteraine est habité — il me semble que je vous le dois tout entier… et que vous le garderez… oh ! non, pas mieux, mais… comment dirai-je ?… plus paisiblement, avec la conscience plus tranquille, si vous êtes bien certain qu’en le taisant, vous…

La jeune fille s’arrêta, puis très doucement :