Elle s’interrompit et, regardant autour d’elle :
— Je n’étais pas revenue dans cette pièce depuis la mort de mon grand-père… dit-elle. Quentin seul y descend quelquefois… pas souvent…
Elle semblait épuisée.
Pierre avança l’une des chaises de cuir jusqu’à l’embrasure de la fenêtre où mademoiselle de Chanteraine s’était appuyée.
— Asseyez-vous, reposez-vous un peu, je vous en supplie… fit-il.
Elle obéit, remerciant d’un petit sourire vague.
Au dehors, dans les ruines fleuries, des oiseaux chantaient à tue-tête, souverains incontestés de ce domaine abandonné par les hommes.
— Je n’ai pas le loisir de me reposer longtemps, murmura la jeune fille. J’ai encore tant de choses à vous dire, à vous expliquer… Mais n’abusé-je pas de votre patience ?
— Non, mademoiselle.
— Il me faut continuer mon long récit…