On avait fait entrer la jeune fille dans une autre pièce. Bientôt le poête parut, gracieux comme de coutume. Elle, elle tremblait tellement que d’abord elle ne put parler, puis elle dit qu’elle avait tenté un dernier effort... elle s’en excusa.
—J’abuse de vous, monsieur...
—Mais pas du tout, mademoiselle. Voyons le titre: Une page de douleur. Très suggestif. Je vais lire cela.
Andrée n’aimait pas ce ton insouciant; cependant, elle s’éloigna le cœur plus léger, tandis que Marius retournait à Zinette, en disant:
—Décidément, elle est laide!
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—S’il comprenait! mon Dieu, s’il comprenait!... Mon Dieu, faites qu’il comprenne! suppliait la pauvre fille dans une prière convulsive.
Elle se disait que Marius était un grand poète et qu’auprès de lui elle n’était rien; mais, elle l’aimait tant! Est-il possible qu’un homme ne soit pas touché quand on l’aime ainsi!
—Oh! mon Dieu, faites que je meure, si vous ne permettez pas que je vive en l’adorant...
Trois jours après, l’auteur des Poésies tendres entrait chez la jeune institutrice.