La veille encore, elle avait fait un si beau rêve: Marius la contemplait avec les yeux tendres du premier jour, il disait: «Dans ces pages, j’ai deviné votre cœur, laissez-moi être seul à le connaître, gardons ce petit cahier, toujours, ne le publions pas.»
Et elle répondait: «Mon cœur et ma vie vous appartiennent; que m’importe le succès, si vous m’aimez sans cela.»
Hélas!
Elle reconduisit le poète, puis, souriant toujours, elle s’approcha de la cheminée, elle craqua une allumette...
Brûle, flambe, monte en fumée, bien haut, bien loin, pauvre manuscrit taché de larmes!
Un peu de fumée! La fin des rêves...
Mais elle détourna les yeux...
Il faisait du soleil; Paris était gai, le grand indifférent! Dans une victoria, de l’autre côté de la rue, une jeune femme blonde, en toilette claire, semblait attendre. Le pauvre bas bleu la vit quitter sa pose nonchalante et sourire en arrangeant sa robe pour faire une place tout près d’elle. Puis, quelqu’un traversa la chaussée, dit un mot au cocher, et sauta lestement dans la voiture...
Andrée sanglotait; c’était Marius Arnal.
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