Le jeune homme comprenait le drame. L’enfant avait voulu se rire de la mer, elle avait fait un faux pas sans doute, et la grande impitoyable, l’enroulant du manteau glacé de ses lames, l’avait entraînée en se retirant.
D’un geste rapide, il jeta à terre son chapeau et sa veste... Mademoiselle de Thiaz eut un cri d’angoisse:
—Bernard, vous êtes encore malade, vous ne pouvez pas...
Mais, ce ne fut qu’un éclair de révolte; elle fit un grand effort et ses beaux yeux brillèrent:
—Allez! dit-elle...
. . . . . . . . . .
—Merci, oh! merci, monsieur!
La petite fille de Jean-Marc serre dans ses bras crispés son enfant sauvée, le cher trésor que Nohel a disputé au flot. Ah! la mer a bien cru tenir sa proie! La pauvre petite épave soulevée, ballottée en tous sens, a échappé plus d’une fois aux mains qui voulaient la saisir. Aussi la lutte a été rude. Le froid de l’eau suffoquait Bernard; très faible encore, étourdi par le mugissement des vagues, aveuglé par la mousse qui lui jaillissait au visage, il s’est senti défaillir plus d’une fois durant ce court sauvetage! Mais, grâce à Dieu, l’enfant inerte et toute ruisselante que la pauvre femme emporte, est bien vivante!... Les pêcheurs, accourus sur la plage, veulent serrer dans leurs mains calleuses la main fine du jeune homme. «Ces Parisiens, c’est courageux tout de même!»
Et le père de la petite est là, livide et parlant à peine.
—Oh! merci, merci, monsieur!